Le M8

Il y a quelques mois, j’ai revendu mon Leica M9 après quelques années de bons et loyaux services. Je voulais passer vers ce qui me semblait la suite logique, c’est à dire le Leica M-P (type 240). Mais au passage j’ai laissé un peu de cette âme du M9. Le M-P auquel je consacrerai bientôt un article est un sacré appareil. Un sacré Leica. Mais il me manquait un petit quelque chose, que je voulais tester. Un appareil passablement décrié à son époque, mais qui reste malgré tout un Leica, le M8.

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Je suis tombé dessus un peu par hasard en lisant le blog de Peter Prosophos. C’est un photographe qui dépeint la photographie avec un Leica un peu comme une peinture. Il a fait énormément de photos avec un M9 et avec un M8. Par la suite, j’ai eu l’occasion de regarder les photos de Ming Thein, lorsqu’il était à Londres et qu’il utilisait presque exclusivement un Leica M8. Comme il le disait lui-même, il connaissait cet appareil sur le bout des doigts et pouvait travailler avec presque à l’aveugle. J’ai aimé les photos, je trouve qu’elles ont beaucoup d’âme justement. Un peu de caractère aussi, ce qui a un peu disparu, je trouve, par la suite dans le travail de Ming, où la qualité est devenue une de ses idées premières. Mais ce que j’ai pu voir alors, m’a beaucoup plu. J’ai continué mes recherches sur différentes sources, principalement sur Flickr avec les groupes parlant du M8. J’y ai vu des images au caractère insoupçonné. Une merveille de rendu, surtout en noir et blanc.

Le test encore au magasin

Le hasard est encore passé par là. Lors d’un voyage chez mes collègues d’un autre Leica. Je me suis arrêté à Berne. Il y avait un M8 en occasion et nous étions juste après l’arrêt du taux plancher entre le Franc suisse et l’Euro. Les objets en occasions venaient de perdre 20%, les prix de certains appareil photos devenaient très intéressants. J’ai alors décidé de revendre mon Fuji X-T1 et d’acheter ce Leica. Il datait de 2007 et avait un peu moins de 13400 clics. Il était encore en très bon état. J’ai fait quelques essais, dont l’image ci-dessus. J’ai été enchanté et je l’ai pris chez moi. Il fallait quand même le faire, vendre un X-T1 et acheter une vieille croûte numérique pour le remplacer. Le X-T1 est un superbe appareil photo, avec un rendu très plaisant, mais malgré mon amour pour les molettes, je n’ai jamais été en amour avec ce Fuji, contrairement aux autres. Bref, j’ai acheté un Leica M8.

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Une de mes motivations premières pour l’achat du M8 est sa qualité en noir et blanc. Le fait que sont capteur soit très sensible aux infrarouges est un inconvénient en couleurs, mais un sacré avantage pour le rendu monochromatique. Je n’ai pas la possibilité d’avoir un Leica Monochrome, le M8 est un bon candidat de remplacement. La première surprise,  avec le M8, c’est que malgré son capteur réduit à 10 millions de pixel, il pique sacrément bien. Les objectifs de qualité sont réellement exceptionnel sur ces gros pixels. Le facteur de crop est de 1.3 par rapport au capteurs plein format. C’est ce que l’on nomme un APS-H. Mais les flous sont jolis et bien tenus. Ce qui me frappe tout d’abord, c’est le contraste entre les ombre et les lumières. C’est doux, mais ça reste bien défini. On dirait du Leica M9. Si on reste aux ISO de bases, soit 160 et 320, les images sont très bonnes et exemptes de bruit. Au delà, faut pas rêver, c’est bruité. Mais c’est ce qui est bien pour du noir et blanc. Autre chose bizarre, les ISO sur un CCD ne sont pas les mêmes que sur un CMOS. Un peu comme s’il y avait un stop entre les deux. Donc, il y a de la marge avec le CCD. Bizarre mais véridique. Comparé avec le M-P.

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Les résultats à bas ISO sont vraiment bons, extrêmement surprenants. Mais l’appareil est demandeur. Il faut, comme en argentique, bien préparer les réglages pour la prise de vue. Lorsque la lumière est correctement capturée, alors les images sont bonnes, voire même vraiment d’un niveau supérieur. On est chez Leica, et même un appareil de 2007 arrive a sortir complètement du lot par rapport à ce qui se fait aujourd’hui. Je vais continuer à m’amuser avec ce petit morceau de laiton et de ferraille est voir où ça me mène. Mais il est vrai que ça m’a permis de remettre l’église au milieu du village et surtout de ne pas trop regretter mon M9. Une autre histoire dont je vais parler avec l’article sur le M-P.

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4 réflexions sur “Le M8

  1. Hello Dragan !
    Toujours un plaisir de vous lire, dommage pour la bascule en anglais …
    Le m8 est incomparable en noir et blanc, vraiment créatif malgré ses 10 ans, maintenant abordable avec des optiques de rêve qui n’ont pas pris une ride … Un bel objet pour créer.
    Quelques exemples de rendu (sans pretention) sur ma galerie comparée :https://flic.kr/s/aHskhJpMBh
    Byebye
    Denis

    1. Merci Denis, c’est un plaisir. Le M8 est en effet une excellente machine. J’en suis très content et j’espère que ça encore durer. C’est un grand plaisir d’utiliser des objectifs un peu différents dessus. Les résultats sont très intéressants. Mais ce n’est pas un appareil photo d’hiver par nos latitudes. Lorsqu’il fait sombre, c’est parfois plus compliqué.
      Pour l’anglais, c’est clairement une question d’audience et de défi personnel. Mon but est de partager une expérience et en anglais c’est plus large. Mais je vais aussi continuer à écrire en français ou peut être les deux si j’ai le temps. Merci encore pour la visite… Du coup, je vous ai dans mes contacts dans Flickr. : )

  2. Bonjour , merci pour ces informations réconfortantes pour le noir et blanc dont je suis adepte . propriétaire d’un M8 je n’arrive pas à utiliser un ancien objectif elmarit 50 mm , tout flou les résultat malgré mise au point ok ; savez s’il a une concordance possible ? et modalités de réglages ?
    bien cordialement
    Christian

    1. Bonjour, la première des choses à faire est de voir si c’est l’objectif qui est défectueux ou si c’est un réglage à faire sur le télémètre. Il faut simplement tester avec un autre objectif. Si le problème persiste, alors il faut faire régler le télémètre. Pour faire cette opération il y a des artisans dans les boutiques Leica qui savent le faire. Ou alors renvoyer l’appareil dans le circuit officiel Leica. ça prend un peu de temps, mais c’est très efficace. En Suisse c’est simple, c’est à Nidau à côté de Bienne. Il est même possible d’y passer et de déposer son appareil. A Wetzlar en Allemagne ça marche de la même manière. En France, il y a un vendeur sur Paris qui le fait, mais pour les autres localité, je ne sais pas. Il y a certainement un fil sur le forum Summilux à ce propos.

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